Afrique subsaharienne: réussir ‘l’Afrique que nous voulons’ commence par l’état de droit

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Voir les résultats de Indice de Perception de la Corruption 2015

En bref

En 2015, l’Afrique subsaharienne a été confrontée à une multitude de menaces, allant de l’épidémie d’Ebola à la montée du terrorisme. Sans répit, nous avons vu la corruption exacerber les causes de ces crises et saper les mesures correctives. L’indice de cette année dresse un tableau inquiétant. 40 pays sur 46 présentent un sérieux problème de corruption, et le Nigéria et l’Afrique du Sud, les locomotives du continent, n’ont connu aucune amélioration. Les indicateurs de l’état de droit et de la justice sont particulièrement mauvais. Même si certains gouvernements réduisent les risques pour les entreprises, les citoyens ne perçoivent que peu de changements, car de nombreux pays peinent à maintenir les bases d’un état de droit à cause de la corruption endémique.

Les bonnes nouvelles

Des progrès sont possibles. Si l’on se penche sur les différents domaines couverts par l’indice, on constate une nette amélioration de la transparence dans la gestion financière. C’est une bonne nouvelle pour les entreprises actives dans la région. Dans l’ensemble, ces dernières années, un certain nombre de pays se sont améliorés. Le Sénégal, notamment, a significativement amélioré son score depuis que son gouvernement a pris une série de dispositions anticorruption. Le Botswana, le mieux côté de la région, obtient la note 63 dans l’indice. Il y a bon espoir que d’autres pays lui emboîtent le pas, car les nouveaux objectifs de développement durable incitent au renforcement de la gouvernance.

Les mauvaises nouvelles

Pourtant, la corruption continue à priver les citoyens de justice et de sécurité. La Somalie, minée par les conflits, se retrouve à nouveau au bas du classement, et de nombreux autres pays n’arrivent pas à maintenir l’état de droit. Comme l’avait déjà montré notre sondage public africain (selon lequel la police et les tribunaux connaissent le plus fort taux de corruption), l’application des lois n’est pas toujours à même de protéger les citoyens. Dans de nombreux pays, dont les mauvais élèves l’Angola, le Burundi et l’Ouganda, nous avons constaté, d’une part, l’incapacité à poursuivre les fonctionnaires corrompus et, d’autre part, l’intimidation des citoyens qui dénoncent la corruption.

Ce qui doit changer

Pour que la corruption et l’impunité soient reléguées aux oubliettes de l’histoire tel qu’affirmé haut et fort par l’Union africaine dans l’Agenda 2063, « L’Afrique que nous voulons », les gouvernements doivent prendre des mesures fortes afin que l’état de droit devienne une réalité pour tout le monde. La poursuite en justice des cas de corruption rétablira la confiance des gens qui n’accordent plus aucun crédit aux institutions censées les protéger. Transparence et redevabilité doivent aller de pair pour mettre fin à la corruption. Comme ces résultats le démontrent, on en est encore loin en Afrique.

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Chantal Uwimana

About Chantal Uwimana

Chantal Uwimana is Regional Director for Sub-Saharan Africa at Transparency International.

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